Avant sa visite en France, le Dalaï Lama confie sa déception vis-à-vis de Pékin

Pour la première fois depuis 5 ans, le Dalaï Lama est attendu en France. Ses visites à l'étranger ont le don d'irriter Pékin, même s'il a pu rencontrer le président américain Barack Obama ou la chancelière Angela Merkel sans susciter de représailles. Pour ne pas fâcher la Chine, aucune visite officielle n'est prévue pour le chef spirituel tibétain qui vit en exil en Inde depuis 1959. Dans un entretien publié par Le Monde et réalisé à Dharamsala dans l'Himalaya indien, il confie ses espoirs et ses déceptions vis-à-vis de Pékin.

Le Dalaï Lama ne rencontrera pas le président français ni de membre du gouvernement. « Regrettez-vous ce manque de courage politique ? », lui demande le journaliste du Monde. « Je n'aime pas les formalités », répond sobrement celui qui a reçu le prix Nobel de la Paix en 1989. « Où que j'aille, je ne souhaite pas créer de malaise pour les dirigeants, le but de mes visites n'est pas de rencontrer des responsables politiques, mais le public, les gens », affirme-t-il.

Interrogé sur sa relation avec Pékin, il évoque sa déception. Même s'il n'exerce plus la fonction de chef d'Etat du Tibet depuis 2011, la pression des autorités n'a pas faibli. Dans les années 1950, il avait rencontré le père de l'actuel président et secrétaire général du Parti communiste chinois. « À l'époque, j'avais de l'admiration pour lui », confie-t-il. Quant au fils Xi Jinping qui lui a succédé, « il est possible qu'il soit entouré de partisans de la ligne dure, qu'ils aient une influence négative » regrette-t-il sobrement. Pourtant, assure-t-il, « nous ne cherchons pas l'indépendance. Nous demandons tous les droits inscrits dans la Constitution chinoise. Les Chinois sont nos voisins, nous devons penser à eux », insiste-t-il.

Quant à sa succession et aux craintes que Pékin ne désigne lui-même le prochain Dalaï Lama, il assure que « d'ici un an ou deux se tiendra une réunion des chefs religieux de la communauté tibétaine qui discuteront » de sa réincarnation.