Brésil: le carnaval de Rio s'élance dans une situation politique inédite

Au Brésil, le carnaval est officiellement lancé. À Rio de Janeiro, pendant une semaine, tout s'arrête et la ville vit aux rythmes de la samba. Un moment de liberté, d'excès, mais aussi de revendications dans le contexte politique nouveau créé par l'élection de Jair Bolsonaro.

Avec notre correspondante à Rio de Janeiro,  Sarah Cozzolino

Une parenthèse où tout est permis. Pour ceux qui vivent le carnaval de Rio, c’est un évènement qui va bien au-delà des paillettes et des déguisements. Henrique Rodrigues, 20 ans, porte un tutu rose. Il vit son 15e carnaval. « La fête, la joie, le divertissement. Pour moi c’est tout, et c’est que du bonheur », nous confie-t-il.

Pour Zina Bloch, c’est le premier carnaval. Mais cette Parisienne en vacances depuis un mois à Rio joue déjà dans un bloco, un groupe de musique qui défilera dans les rues. « Sous le cagnard, pendant quatre heures, tu marches… C’est dur pour le corps, mais il se passe tellement de choses émotionnellement que tu es bourré d’émotion ! », lance-t-elle, enthousiaste.

L'occasion de faire passer des messages

Les défilés sont aussi l’occasion de faire passer des messages plus politiques. « Dehors Crivella », peut-on lire sur plusieurs pancartes, du nom de Marcelo Crivella, maire conservateur de Rio qui méprise ouvertement le carnaval et qui, en deux ans, a réduit de moitié les subventions des écoles de samba.

Joao Rodrigues est engagé à gauche. « Le carnaval, explique-t-il, c’est le moment pour prendre position. Ici, on voit des gens avec des déguisements qui critiquent notre président. Et je pense que le carnaval est l’endroit pour ça et le moment est propice. » Cette année, la mythique école de samba de la favela de Mangueira rendra hommage à Marielle Franco, assassinée l’an dernier.