Coronavirus: l’Italie débloque 25 milliards d’euros pour surmonter la crise

Pays d'Europe le plus touché par le coronavirus, l'Italie tourne au ralenti avec le confinement massif mis en place jusqu'au 3 avril, sur décision du gouvernement. 

C’est un véritable « plan Marshall » déployé pour traverser l’épidémie de coronavirus qui a, au dernier décompte, infecté 10 149 personnes et provoqué 631 décès en Italie.

Le gouvernement a annoncé, ce mercredi 11 mars, une enveloppe extraordinaire de 25 milliards d’euros, soit un peu plus d’un point du produit intérieur brut, rapporte notre correspondante à Rome, Anne Tréca. Une mobilisation sans précédent de l’argent public qui risque de creuser encore le déficit italien, mais qui est soutenue par la Banque centrale européenne et la Commission de Bruxelles, dans des termes à préciser.

« Personne ne perdra son travail à cause du coronavirus »

Giuseppe Conte, le président du Conseil des ministres d’Italie, l’a annoncé en conférence de presse à Rome : ces « ressources extraordinaires » sont « à utiliser pour faire face à toutes les difficultés que [nous] affrontons avec cette crise », provoquée par la propagation du Covid-19.

Ce que l’on sait, c’est que le gouvernement peut déjà dépenser 10 milliards d’euros pour soutenir en priorité les hôpitaux et le système de santé : acheter du matériel, embaucher des milliers de médecins et d’infirmières… Pour sauver les entreprises les plus en difficulté, des aides directes et des amortisseurs sociaux supplémentaires sont annoncés, ainsi que des allocations chômage spécifiques pour les petites entreprises, les plus fragiles.

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Pour les familles obligées de garder à la maison les enfants aussi longtemps que sont fermées les écoles, des allocations de congés parentaux et des tickets baby-sitter seront distribués. Il est même envisagé de suspendre les remboursements des emprunts dus aux banques.

Roberto Gualtieri, le ministre de l’Économie, l’a promis : « Personne ne perdra son travail à cause du coronavirus. » De Bruxelles à Rome, tout sera fait pour maintenir à flot la troisième économie de la zone euro. « Ce n’est pas le moment de regarder le "zéro virgule quelque chose" dans les règles. C’est le moment de penser aux emplois, au système sanitaire […], à l‘avenir de notre économie », a martelé Paolo Gentiloni, commissaire européen à l’Économie et ancien chef du gouvernement italien.