Coronavirus: la France va créer un fonds de solidarité pour les entreprises

Pour venir en aide aux entreprises les plus touchées en France par la crise du coronavirus, le gouvernement annonce la création d'un fonds de solidarité et le déplafonnement du dispositif de chômage partiel. En attendant un plan de relance comparable à l'Italie et à l'Allemagne.

À cause du coronavirus, l'économie française s'avance vers un sérieux ralentissement de l'activité. Comment aider les entreprises et éviter les licenciements ? Un « fonds de solidarité » va être créé à cet effet, a annoncé ce jeudi Bruno Le Maire. « Je veux juste m'assurer que [l'argent] va bien à ceux qui en ont vraiment besoin », a averti le ministre de l'Économie et des Finances.

Qui pourrait accéder à ce potentiel fonds dont le montant n'a pas été précisé ? L'accès sera décidé sur des critères de chiffre d'affaires. L'idée du patron de Bercy est de le « réserver aux plus petites entreprises » pour couvrir leurs pertes de chiffre d'affaires ou d'exploitation. « Je ne veux pas que le fonds permette à certains de se défausser de leur responsabilité », a insisté le ministre, citant les banques, les assureurs et les grands donneurs d'ordre.

Report des charges sociales et fiscales

Par ailleurs, Bruno le Maire a confirmé que les entreprises les plus touchées par la crise sanitaire pourraient demander un report des charges sociales et fiscales. « Nous allons leur proposer ce report, a promis le ministre. Ce n'est pas à elle de le demander, c'est l'administration sociale et fiscale qui va proposer aux entreprises le report de leurs charges sociales et de leurs charges fiscales. Si, au bout du compte, des entreprises ne peuvent pas payer, nous ferons des dégrèvements fiscaux. »

Le plan de garantie des crédits par Bpifrance sera quant à lui renforcé pour être étendu aux entreprises de taille intermédiaire. Cette garantie sera portée de 70 % à 90 %.

« De l'argent bien dépensé »

Par ailleurs, éviter les licenciements, c'est aux yeux du ministre « recourir davantage à l'activité partielle ». Lorsque les salariés sont placés dans cette position, le contrat de travail est suspendu mais non rompu. « Je pense qu'il faudrait déplafonner » le dispositif, a ainsi affirmé Bruno Le Maire. Cela va se chiffrer en centaines de millions d'euros, mais je pense que c'est de l'argent bien dépensé. »

L'indemnité horaire compensatrice versée par l'État aux employeurs ayant recours au dispositif d'activité partielle atteint jusqu'à présent le niveau du Smic, soit 8,03 euros net de l'heure. « Il faut profiter de cette crise et des difficultés économiques actuelles pour porter une amélioration radicale du dispositif de chômage partiel en France », a poursuivi Bruno Le Maire, dénonçant un système « lacunaire » et « trop lent ».

3 600 entreprises pénalisées

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a abondé dans le sens de Bruno Le Maire. Quelque 3 600 entreprises pénalisées par la propagation du nouveau coronavirus ont demandé à bénéficier de mesures de chômage partiel pour environ 60 000 salariés, a-t-elle déclaré ce jeudi, soit quatre fois plus qu'en fin de semaine dernière.

Ce dispositif d'activité partielle, qui vise à maintenir l'emploi en cas de baisse d'activité, représente à ce stade un coût de 180 millions d'euros pour l'État, a ajouté la ministre sur la plateau de LCI, assurant « ne pas avoir de limite budgétaire » pour « sauver l'emploi ».

« Le tourisme, la restauration, l'événementiel et les transports sont les quatre secteurs qui nous préoccupent le plus », a indiqué Muriel Pénicaud. Après les mesures d'urgence, « il faudra qu'il y ait un plan de relance » de l'économie pour « rebâtir des capacités », a-t-elle aussi estimé.

Interpellé sur le niveau d'aide débloqué par l'État après les annonces de plan de plusieurs dizaines de milliards d'euros en Italie, en Allemagne ou au Royaume-Uni, Bruno Le Maire a défendu la « stratégie » française : « La France fait exactement la même chose et au même niveau ». Le ministre espère que « ces mêmes États » se mobiliseront pour lancer un plan de relance européen. Selon lui, le plan de soutien annoncé par l'Allemagne « va dans la bonne direction ».

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