Des réfugiés rohingyas portent plainte contre Facebook

Le reproche fait au réseau social est celui de favoriser la désinformation et les idéologies extrémistes sur sa plateforme. 

Des réfugiés rohingyas le 6 décembre ont déposé une plainte collective à San Francisco, siège de Facebook, réclamant 150 milliards de dollars (132 milliards d'euros) d'indemnités au réseau social pour avoir permis la diffusion de messages de haine les concernant.  « Facebook est comme un robot programmé avec une unique mission: se développer », écrivent les plaignants. 

La désinformation et la propagation d'idéologies extrémistes auraient ainsi permis que des actes violents soient perpétrés dans le monde réel. Les organisations de défense des droits humains reprochent depuis longtemps à Facebook de ne pas s'engager suffisamment dans la lutte contre les informations mensongères.

La plainte intervient également alors que la lanceuse d'alerte Frances Haugen dénonce les pratiques de Facebook, son ancien employeur. Devant le Congrès américain, elle a ainsi argumenté que le réseau attisait les « violences ethniques » dans certains pays. Des avocats britanniques ont également envoyé une mise en demeure aux bureaux londoniens de l'entreprise.

Les alertes et critiques sur le rôle joué par Facebook dans la propagation de contenus haineux attisant les violences ethniques se sont multipliées ces dernières années, sans donner de résultats : le réseau social se réfugie derrière la loi américaine selon laquelle les plateformes ne sont pas responsables des messages publiés par leurs utilisateurs. Les avocats de la défense entendent invoquer la loi birmane qui n’offre aucune protection de ce genre..

Les Rohingyas fuient depuis 2017 les persécutions dont ils sont victimes en Birmanie, pays à majorité bouddhiste. Considérés comme des clandestins même s'ils y vivent depuis des générations, près d'un million d'entre eux ont fui leur pays, cherchant refuge au Bangladesh. 

Cette minorité ethnique musulmane vit depuis de nombreuses années maintenant dans des camps de réfugiés surpeuplés et pour ceux restés en Birmanie, soumis à des violences et à une forte discrimination de la part de la junte au pouvoir.

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