Pour l'OMS, l'épidémie de coronavirus est à un «point décisif»

Le bilan du nouveau coronavirus en dehors de la Chine inquiète de plus en plus avec désormais 44 pays touchés. Un renversement total de situation par rapport à il y a encore quelques semaines quand l'OMS rappelait que le Covid-19 était avant tout une urgence sanitaire pour Pékin. « Nous sommes à un moment décisif », dit ce jeudi 27 février l'agence des Nations unies pour la santé.

De notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche

C'est devenu un leitmotiv. Tous les jours, les responsables de l'OMS martèlent que le monde n'est pas prêt à faire face à l'épidémie de Covid-19. Moins pour faire peur que pour pousser les pays à prendre les mesures nécessaires.

« Chaque pays doit se tenir prêt pour ses premiers cas de Covid-19, ses premiers foyers de contamination, ses premiers cas de transmission dans les communautés et de transmissions de façon durable. Ce sont les quatre scénarios possibles, auxquels tout le monde doit se préparer. Aucun pays ne peut se dire qu'il ne verra aucun malade sur son sol. Ce serait une erreur qui pourrait être fatale », assène Tedros Ghrebeyesus, patron de l'OMS.

Détecter au plus tôt les malades. Les isoler. Trouver les personnes avec qui ils ont été en contact. Les soigner. Et protéger les professionnels de santé. Voilà, dans l'ordre, ce que doit être l'urgence du moment. Il faut peut-être rajouter la lutte contre la désinformation, notamment sur les réseaux sociaux. Elle mine le travail de l'OMS depuis le début de l'épidémie.

Ces derniers jours, l'agence a, par exemple, été assaillie de questions sur les porteurs asymptomatiques du virus et la peur qu'ils transmettent massivement la maladie. La réalité, c'est qu'ils ne sont qu'une minorité. Dans 90% des cas, le Covid-19 se manifeste par de la fièvre et, dans 70%, par un mal de gorge.