Frappes en Syrie: Russes et Occidentaux évitent l'escalade

Après les frappes occidentales en Syrie vendredi soir, « la capacité de la Syrie à concevoir, produire et stocker des armes chimiques a été considérablement amoindrie », a affirmé Florence Parly, ministre de la Défense. Cette opération de courte durée et aux objectifs limités n'a pas donné lieu à de riposte de la part des Russes qui contrôlent une partie de l'espace aérien syrien. Visiblement de part et d'autre chacun savait jusqu'où aller pour ne pas entrer dans une dangereuse escalade.

Américains, Français et Britanniques ne voulaient prendre aucun risque. Toutes les frappes se sont déroulées à distance, parfois plusieurs centaines de kilomètres, pour ne pas être confrontées aux défenses anti-aériennes de l'adversaire.

Quelque 105 missiles de croisière ont été lancés depuis des bombardiers, des chasseurs, des sous-marins et pour la première fois depuis une frégate française. Les objectifs : centre de recherche, de fabrication et de stockage clandestin d'armes chimiques.

La réponse syrienne a été très mesurée avec quelques tirs de missiles aperçus au-dessus de Damas dans la nuit, sans efficacité selon le chef d'état-major des armées à Paris, le général François Lecointre.

« L’opération a atteint les objectifs fixés par le président de la République (…) Tous les missiles tirés par la France et sans doute par l’ensemble des alliés ont atteint leur cible. Nous n’avons aucun renseignement qui nous permettrait de penser que des missiles aient été interceptés. L’efficacité de la défense sol-air syrienne a été très faible voir moins que cela. »

Les missiles ont tous atteint leur cible, assure-t-on à Paris. Pourtant, les Russes avec leurs puissantes batteries de missiles anti-missiles auraient pu compliquer la tâche des alliés occidentaux. Mais leurs engins S300 et S400 sont restés dans les tubes de lancement.

« Le dispositif de défense anti-missiles russe n’a pas fonctionné, car il n’a pas été activé contre les missiles français, britanniques et américains. Donc je pense que les Russes savaient au moment où ces missiles passaient qu’ils étaient des missiles alliés et ils ont décidé de ne pas activer ces défenses anti-missiles » juge le général Lecointre.

Frapper des objectifs militaires syriens aurait donné une autre dimension à cette intervention, « nous avons cherché à évider l'escalade » conclut-on au ministère de la Défense à Paris.