Covid-19: les libraires français tentent de limiter la casse avec les commandes en ligne

Texte par : RFI Suivre
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Les librairies indépendantes ont dû fermer leurs portes en France le 30 octobre dans le cadre des mesures sanitaires imposées par le gouvernement pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Elles sont consiérées comme des « commerces non essentiels ». Pour tenir financièrement et donner un accès à leurs fonds, les libraires ont imaginé des stratégies comme le « cliqué retiré », inspiré du click and collect mis en place dans d'autres commerces. Le client passe la commande en ligne ou par téléphone et vient retirer en librairie son achat.

Quelques clients patientent sagement sous le froid soleil hivernal devant la porte de la librairie Comme un roman, dans le quartier historique du Marais dans le centre historique de Paris. Fermée totalement au printemps dernier lors du premier confinement, la librairie a mis en place dès mardi un procédé de « cliqué retiré ».

Pour Karine Henry, la directrice de Comme un roman, ce système n’est pas très rentable, mais permet quand même une rentrée d’argent : « Le chiffre d’affaires est vraiment très bas par rapport à ce que ça demande en fait. On propose ce service pour que les gens comprennent que tout peut être possible en ligne avec nous », explique Karine Henry à Sophie Torlotin du service Culture de RFI.

La concurrence des plateformes en ligne

Certains clients passent une tête et demandent s'il est possible de venir prendre un ouvrage. D'autres ont commandé par téléphone ou internet, les ouvrages les plus variés : « J’ai pris un roman pour ma mère » raconte un client. Une autre raconte qu’elle est venue récupérer le « nouveau Chien Pourri ». Une dernière cliente explique : « Moi j’aime voir des gens. Et j’avoue que passer par une plateforme internet ne m’enchante pas du tout. »

Pour les personnes qui ne peuvent ou ne souhaitent pas se déplacer, le gouvernement a annoncé la semaine passée qu'il allait prendre en charge les frais d'envoi des livres commandés auprès des librairies indépendantes pendant la durée du confinement, afin d'aider ces dernières « à poursuivre leur activité à travers la vente en ligne ». Elles bénéficieront de frais de port très bas : « Ce dispositif permettra aux libraires de ne facturer à leurs clients que les frais de port au tarif minimum légal, soit 0,01 euro », ont précisé dans un communiqué commun les ministres de l'Economie Bruno Le Maire et de la Culture Roselyne Bachelot.

L'interdiction de ventes de livres dans les librairies indépendantes en raison de leur caractère de « commerce non essentiel » a suscité un vif débat en France, les libraires ayant particulièrement souffert de la concurrence des plateformes en ligne, qui offrent des tarifs d'expédition extrêmement bas, pendant le premier confinement au printemps. Certains maires ont pris des arrêtés pour autoriser les librairies à ouvrir ; des pétitions ont été lancées et des organisations professionnelles et écrivains sont montés au créneau, comme Philippe Claudel, membre de l'Académie Goncourt, qui a invité les libraires à désobéir.

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La Société des gens de lettres a demandé la réouverture de « l'ensemble des points de vente de livres sur tout le territoire », rappellant que « 70% des achats de livres sont réalisés dans des librairies et points de vente physiques ».

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