Coronavirus: l’état du monde face à la pandémie le mardi 7 avril

Texte par : RFI Suivre
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La pandémie de coronavirus a fait plus de 75 500 morts dans le monde. Près des trois quarts sont en Europe avec en tête de ce bilan macabre l’Italie puis la France et l’Espagne. Aux États-Unis, le bilan s’emballe et dépasse les 11 000 décès.

Les Européens avaient eu un espoir ce week-end avec un signe de recul des décès enregistrés en Espagne et en Italie mais cette tendance n’a pas été confirmée ce mardi 7 avril. Le bilan quotidien est reparti à la hausse en Espagne avec 743 morts en 24 heures. Même inversion de courbe en Italie. Malgré tout, le nombre de nouvelles hospitalisations marque le pas dans plusieurs pays, dont l’Espagne et la France.

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  • La France dépasse les 10 000 morts

Voilà trois semaines que les habitants de l’Hexagone sont enfermés chez eux. La France a passé ce mardi 7 avril la barre des 10 000 morts du coronavirus, enregistrant 607 décès supplémentaires ces dernières 24 heures en milieu hospitalier, le chiffre quotidien le plus important depuis le début de l'épidémie, a indiqué le directeur général de la Santé. Depuis début mars, 7 091 décès ont été enregistrés en milieu hospitalier, et 3 237 dans les maisons de retraite, soit un total de 10 328 morts, a précisé Jérôme Salomon lors d'un point quotidien, expliquant que l'épidémie continuait « sa progression ». 

La France n’est cependant pas encore au « pic de l’épidémie », a martelé le ministre de la Santé, Olivier Véran. Il a ajouté que le « confinement durera aussi longtemps qu’il le faudra ». De son côté, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a demandé aux préfets « d’examiner au cas par cas la nécessité de durcir les mesures ». À Paris, par exemple, toute activité sportive individuelle est interdite entre 10h et 19h à partir de ce mercredi.

Au Royaume-Uni, le Premier ministre britannique se trouve ce mardi dans un état stable dans une unité de soins intensifs à Londres. Il a eu besoin d’un apport en oxygène en raison de la détérioration de son état de santé provoquée par le Covid-19. Selon les experts, le Royaume-Uni entre actuellement dans sa semaine la plus meurtrière depuis le début de l’épidémie, qui a fait en tout 5 000 morts.

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Comme le Royaume-Uni, la Suède avait dans un premier temps opté pour des mesures plus souples que celles pratiquées dans la majorité des pays européens. Mais plus de 100 personnes sont mortes du Covid-19 en 24 heures, selon un décompte mardi à 12h GMT. Au total, le pays recense 7 693 cas et 591 décès. Une mortalité bien plus élevée que celle observée chez ses voisins.

« La seule façon de comprendre ce qui a été fait, ou pas, c’est d’admettre que les autorités visent l’immunité de groupe. Elles se disent que, de toute façon, tout le monde va être infecté. Elles ne peuvent pas le dire ouvertement, car ce ne serait pas éthique. Il faut se protéger comme nos voisins, ce n’est pas trop tard », explique Stefan Hanson, un spécialiste suédois reconnu des maladies infectieuses.

L’un des arguments des promoteurs de cette immunité de groupe, c’est qu’elle limiterait les dégâts en cas d’une autre vague de l’épidémie cet automne, puisque la majorité de la population serait alors immunisée, rapporte notre correspondant à Stockholm, Frédéric Faux. Stefan Hanson rappelle cependant que ce virus est nouveau, et que la durée de cette éventuelle immunité est encore inconnue. Pour lui, comme pour certains de ses collègues, la stratégie suédoise peut s’avérer très risquée.

Son voisin norvégien estime pour sa part avoir enrayé la propagation du coronavirus sur son territoire. Les mesures de confinement devraient donc être allégées à partir du 20 avril, avec notamment la réouverture de crèches et une levée de l’interdiction des séjours en résidence secondaire. Une semaine plus tard, le pays devrait procéder à une réouverture partielle des collèges, lycées et universités. La Première ministre a affiché un « optimisme prudent » demandant à la population de continuer à respecter les mesures encore en place et prévenant que ces annonces étaient réversibles en cas de regain de l’épidémie.

  • L’Europe tente de se mobiliser

Les ministres européens des Finances cherchaient ce mardi à surmonter leurs divergences sur un plan de relance après l’épidémie de coronavirus. Cette réunion est un test décisif pour l’unité des Vingt-Sept, déjà critiqués pour leur division. Des mesures ont été annoncées, elles représentent plus de 500 milliards d’euros. Les discussions devraient cependant se poursuivre sur l’idée d’émettre de la dette commune. Les Pays-Bas, l’Allemagne et d’autres États comme la Finlande s’opposent à cette mutualisation, alors que les pays du Sud les plus durement touchés réclament la création de ses « coronabonds ». 

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De son côté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé un plan de 15 milliards d’euros pour aider les pays les plus vulnérables en Afrique et dans le reste du monde pour lutter contre la pandémie.

  • 2 000 morts en une journée aux États-Unis

Près de 2 000 personnes contaminées par le nouveau coronavirus sont mortes aux États-Unis au cours des dernières 24 heures. Il s'agit du pire bilan journalier dans le monde depuis le début de la pandémie. Cette progression record (+1 939 exactement) y porte à 12 722 le nombre total de décès recensés. L'État de New York constitue le principal foyer de l'épidémie dans le pays, avec près de 5 500 morts et 140 000 cas, principalement dans la ville de New York. Le gouverneur Andrew Cuomo espère tout de même une stabilisation des hospitalisations. L’État serait même en train d’atteindre un plateau du nombre total des hospitalisations.

Le président américain Donald Trump s’en est, quant à lui, pris ce mardi à l’Organisation mondiale de la santé, l’accusant d’être trop proche de la Chine et de mal gérer la pandémie de coronavirus. Il a même menacé de suspendre la contribution américaine à l'institution, avant de faire machine arrière dans une certaine confusion quelques minutes plus tard, affirmant qu'il souhaitait seulement étudier « cette possibilité ». Les États-Unis sont aujourd’hui le pays qui compte le plus grand nombre de cas officiellement déclarés.

Le fondateur et patron de Twitter, Jack Dorsey, a par ailleurs annoncé ce mardi qu'il donnait un milliard de dollars d'actions de son autre société, Square, pour participer à la lutte contre la pandémie de coronavirus. Dans un message posté sur le réseau social, il explique que la somme représente 28% de sa fortune. « Quand nous aurons désamorcé cette pandémie, les fonds seront orientés vers la santé et l'éducation des filles, ainsi que le revenu universel », précise-t-il.

Le secrétaire à l'US Navy, Thomas Modly, vivement critiqué pour sa gestion de la crise provoquée par la contamination au coronavirus du porte-avions nucléaire Theodore Roosevelt, a quant à lui démissionné, a annoncé le ministre américain de la Défense, Mark Esper. « Ce matin, j'ai accepté la démission de M. Modly », a tweeté le ministre. « Je nomme le sous-secrétaire à l'armée de Terre, Jim McPherson, secrétaire à la Navy par intérim ».

  • Le Chili impose le port du masque dans les transports

À partir de ce mercredi à l'aube, les Chiliens devront obligatoirement utiliser un masque dans les transports en commun, rapporte notre correspondante à Santiago, Justine Fontaine. Avec l'avancée de l'épidémie dans le pays, et le confinement décrété dans plusieurs communes de la région de Santiago, la fréquentation a baissé de près de 90% dans le métro de la capitale. Mais les transports en commun restent un espace de grande proximité pour ceux qui doivent continuer d'aller travailler.

Selon la ministre des Transports, Gloria Hutt, c'est pour cette raison que le port du masque a été rendu obligatoire dans le métro, les bus, les avions ou encore le transport maritime. Elle l'a expliqué à la chaîne de télévision Chilevisión. « L'objectif est d'éviter la propagation du virus par de petites gouttes de salive qui pourraient rester en suspension ou atteindre d'autres personnes. »

S'ils ne se couvrent pas la bouche et le nez, les usagers des transports en commun risquent des amendes allant de 30 à plusieurs milliers de dollars. Mais face à la pénurie mondiale de masques, ils sont invités à fabriquer eux-mêmes des masques en tissu. José Miguel Bernucci, secrétaire national du syndicat des médecins, n'est pas entièrement convaincu par la mesure : « Cette obligation pourrait avoir un certain impact, mais seulement si les gens restent vigilants sur les autres mesures, car le masque crée une fausse impression de sécurité ».

Les autres mesures, c'est-à-dire se laver les mains et respecter le confinement. Un confinement qui sera pourtant levé à partir de lundi dans plusieurs communes de la capitale, alors que l'épidémie continue de progresser à grands pas dans le pays.

  • Aucun décès à déplorer en Chine

Les autorités chinoises ont affirmé n’avoir enregistré aucun nouveau décès durant la journée de mardi 7 avril. Seulement 32 nouveaux cas ont été recensés dans la journée, contre 39 la veille. Le premier mort avait été enregistré il y a trois mois avec un bilan qui est monté officiellement à 3 331 décès. Ce mercredi, la quarantaine imposée sur Wuhan a été levée.

En Inde, le gouvernement Modi a finalement décidé ce mardi 7 avril d’autoriser l’exportation aux pays les plus touchés par le Covid-19 de certains médicaments dont la chloroquine, ce médicament qui pourrait avoir des effets positifs pour lutter contre le Covid-19. Une décision poussée par les menaces de sanctions de la part du président américain Donald Trump, nous explique notre correspondant Sébastien Farsi. L’Inde est l’un des premiers producteurs de médicaments au monde mais une grande partie de ses matières premières viennent de Chine. Face à la pénurie, New Delhi avait dans un premier temps choisi de garder le peu de sa production pour sa population domestique.

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Au Japon, Tokyo et six autres régions sont en état d’urgence et cela pour une durée d’un mois minimum. Une décision annoncée par le Premier ministre Shinzo Abe pour faire face à la récente accélération du nombre de cas de Covid-19. Environ 50 millions de personnes sont donc appelées à rester chez elles et les commerces non essentiels sont temporairement fermés.

  • Israël en confinement total

À l’approche de la fête de la Pâque juive, le gouvernement israélien a adopté ce mardi des mesures de confinement total. Ces fêtes sont habituellement l’occasion de pèlerinage religieux et de rassemblements familiaux, nous rappelle notre correspondant en Israël, Guilhem Delteil. À partir de mercredi et pour 24 heures, un couvre-feu sera mise en place, personne ne pourra se trouver à plus de 100 mètres de son domicile.

  • La plus grave crise de l’emploi depuis soixante ans

1,25 milliard de travailleurs courent actuellement un fort risque de licenciement ou de réduction de salaire, selon l’Organisation internationale du travail. Elle affirme que le marché de l’emploi affronte aujourd’hui sa plus grave crise depuis la Seconde Guerre mondiale. L’agence de l’ONU a publié une étude ce mardi selon laquelle les pays les plus touchés seront notamment les pays arabes ainsi que ceux de la région Asie-Pacifique et de l’Europe.