Coronavirus: l'état du monde face à la pandémie le lundi 23 mars

De la France à la Grèce en passant par l'Inde et le Brésil, plus de 1,7 milliard de personnes dans plus de 50 pays ou territoires sont confinées à leur domicile pour lutter contre la propagation fulgurante du Covid-19. Le virus a déjà contaminé plus de 340 000 personnes dans le monde et fait au moins 15 000 morts.

La France fait partie des pays européens les plus touchés par la maladie. Le dernier bilan annoncé lundi 23 mars au soir s'élève à 860 morts, soit un bond de 186 décès dans les 24 dernières heures. Plus de 2 000 patients sont en réanimation.

Quatre décès de médecins ont en outre été rapportés dans l'Est de la France, portant à cinq le nombre de morts dans la profession dans le pays. De plus, vingt résidents d'une maison de retraite des Vosges, dans l'est du pays, sont décédés.

Par ailleurs, la France a déjà organisé le retour de plus de 60 000 Français parmi les 130 000 bloqués à l'étranger à cause du Covid-19, a annoncé lundi 23 mars le ministre des Affaires étrangères, estimant à une bonne semaine le temps nécessaire pour achever ces rapatriements.

L'Espagne enregistre plus de 2 000 morts

Le nombre de morts en Espagne a été multiplié par plus de deux en trois jours. Le pays enregistre 2 182 décès dû à la pandémie de coronavirus, selon un nouveau bilan communiqué ce lundi 23 mars par les autorités.

Après l'Italie, l'Espagne est le deuxième pays d'Europe le plus touché par le Covid-19. Plus de 30 000 personnes sont également contaminées alors que le pays a augmenté sa capacité de tests. La région de Madrid est la plus touchée avec plus de 10 000 cas et plus de 1 200 morts (soit près de 60% de l'ensemble des décès). La présidente de la région, Isabel Diaz Ayuso, a demandé au gouvernement 2 000 aides-soignants supplémentaires, des centaines de milliers de masques et de gants.

Même si un ralentissement du rythme d'augmentation du nombre de cas détectés a été noté, « nous n'avons pas encore la certitude d'avoir atteint le pic de contagion », a souligné le directeur du centre d'alertes sanitaires, Fernando Simon.

Un autre point inquiète : 3 910 cas de personnels soignants contaminés ont été détectés, soit plus de 10% du total, alors que syndicats et associations professionnelles dénoncent le manque de moyens de protection. Pour freiner la propagation de la pandémie, le gouvernement de Pedro Sanchez a proclamé, le 14 mars, l'état d'alerte, ce qui lui a permis de décréter le confinement quasi total de la population qu'il veut prolonger jusqu'au 11 avril.

Le Royaume-Uni mobilise l'armée

Pour distribuer des équipements de protection dans ses hôpitaux, le Royaume-Uni a mobilisé son armée. Une partie du personnel soignant se plaint d'être envoyé en première ligne comme de la « chair à canon » dans la lutte contre le nouveau coronavirus. En Angleterre, 303 sont décédés depuis le début de l'épidémie du Covid-19.

Dans une lettre adressée au Premier ministre Boris Johnson, plus de 6 000 médecins accusent les autorités britanniques de mettre leur vie en danger. Ils se plaignent de devoir s'occuper des patients avec des masques périmés et de ne pas disposer de suffisamment d'équipements de protection.

Le gouvernement a reconnu des problèmes d'approvisionnement des hôpitaux mais a assuré que des mesures étaient prises pour les corriger. Depuis quelques jours, les Britanniques doivent rester chez eux pour enrayer l'épidémie. Le gouvernement a menacé de se montrer plus sévère si ses recommandations ne sont pas suivies alors que des millions de personnes sont sorties pour profiter du beau temps au cours du week-end.

La Suède ne veut pas se confiner

En Suède, le coronavirus a provoqué la mort de 25 personnes. Le Premier ministre suédois, Stefan Löfven, est intervenu à la télévision suédoise, ce dimanche 22 mars au soir, mais garde la même ligne. Il se contente d’appeler au civisme et rappelle les règles d’hygiène. Les seules mesures qui ont été prises, pour l’instant, sont l’interdiction des réunions de plus de 500 personnes et la fermeture des lycées et universités.

Le confinement, lui, n’est toujours pas d’actualité. En Suède, la vie continue. Les écoles et les crèches restent ouvertes, comme la plupart des commerces, même si ces lieux publics sont moins fréquentés, rapporte notre correspondant à Stockholm, Frédéric Faux.

Les Suédois ont l’habitude d’écouter les experts. Ils se contentent de suivre les recommandations de leur agence publique de santé, dont le maître mot est la progressivité. Elle considère aussi que le confinement absolu choisi par certains pays n’est pas viable sur le long terme, parce qu’il ne sera pas supporté par la population, mais aussi parce qu’il peut être contre-productif, comme dans le cas des fermetures d’écoles.

La Suède estime que les enfants ne sont pas le vecteur principal du virus, et que leurs parents qui peuvent être soignants, mais aussi chauffeurs de bus, pharmaciens, ou employés de supermarchés ont besoin d’écoles ouvertes pour faire garder leurs enfants pour aller travailler.

Les autorités font donc confiance au civisme des Suédois, mais annoncent aussi que des mesures plus drastiques peuvent suivre, notamment si le pays, comme d’autres en Europe, connaît une explosion de mortalité.

Premier jour de confinement pour la Grèce

Après la décision du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis de prendre « une action adéquate » pour éviter la propagation du coronavirus dans le pays, qui a déjà fait 17 morts et 264 contaminés, la Grèce s'est réveillée ce lundi 24 mars dans le confinement général.

Depuis, « ne peuvent circuler que ceux qui vont à leur travail, chez le médecin ou chez une personne ayant besoin d'aide, ceux qui vont à la banque ou acheter de la nourriture ou des médicaments, ceux qui promènent leur animal domestique ou qui font de l'exercice physique tout seul ou avec une autre personne au maximum », a précisé Kyriakos Mitsotakis dimanche soir dans son allocution télévisée.

De plus, le pays a lancé, ce lundi, un appel aux soignants bénévoles pour combattre l'épidémie. « Le programme de bénévolat s'adresse à tous ceux qui peuvent offrir leurs services, comme les médecins, le personnel médical, les psychologues, les étudiants en médecine et les chercheurs en santé retraités », a précisé une porte-parole du gouvernement, Aristotelia Peloni.

Confinement et couvre-feu en Inde

En Inde, le coronavirus a provoqué la mort de sept personnes et 402 autres ont été contaminées. Le deuxième pays le plus peuplé du monde connaît une augmentation rapide de ses cas, qui ont doublé en deux jours.

Au moins 700 millions de personnes sont concernées par les mesures de confinement en Inde, qui se multiplient dans le pays pour lutter contre l'épidémie de coronavirus. L'Inde a également imposé un couvre-feu partiel dans la plupart de ses grandes villes depuis ce lundi et jusqu’au 31 mars comme à Bombay, Calcutta, Bangalore ou New Delhi.

Tous les commerces non essentiels sont fermés et la plupart des transports sont arrêtés. Les autorités de la capitale fédérale ont même été plus loin en interdisant également les taxis et en fermant les frontières avec les États voisins. L'une des villes les plus peuplées du monde se met ainsi à l'arrêt, rapporte notre correspondant à New Delhi, Sébastien Farcis.

Le Brésil dégaine plus de 10 milliards d'euros

Au Brésil, la Banque étatique de développement (BNDES) va injecter dans l'économie quelque 50 milliards de réais, soit l'équivalent de 10 milliards d'euros pour protéger les emplois. La somme est conséquente. Elle doit permettre de financer pendant six mois la suspension des paiements, intérêts et des crédits des entreprises brésiliennes à la BNDES.

Le gouverneur de la Banque, Gustavo Montezanno, a pris cette décision en concertation avec le président du Brésil, Jair Bolsonaro, qui ne minimise plus l'impact du Covid-19 sur son peuple. Le Brésil a enregistré 1 546 cas de contaminations dont 25 décès, ce qui fait de lui le pays le plus touché d'Amérique du Sud. « Cela nous inquiète beaucoup. La vie arrive en premier lieu, mais ne pas perdre son travail est également très important », a annoncé Jair Bolsonaro.

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