Les 60 ans du soulèvement tibétain: la région fermée aux touristes étrangers

10 mars 2019 - 10 mars 1959 : cela fait soixante ans que le peuple tibétain s’est soulevé à Lhassa contre la présence chinoise au Tibet. Une insurrection qui avait alors été violemment réprimée par Pékin, entrainant des milliers de morts et des départs en exil, dont celui du Dalaï Lama. Aujourd’hui, le Tibet est sous étroit contrôle policier, Pékin favorise dans la région la colonisation par sinisation accélérée. L’enseignement de la langue tibétaine y est très restreint. Et, à l’occasion de cet anniversaire, le Tibet est même fermé aux touristes étrangers et ce jusqu’au 1er avril.

Avec notre correspondante à Shanghaï, Angélique Forget

En temps normal, les touristes étrangers qui souhaitent visiter le Tibet doivent demander une autorisation spéciale auprès des autorités chinoises. En ce moment elle est systématiquement refusée.

« Protéger » les touristes...

Cette semaine, le responsable du parti communiste chinois au Tibet a assuré que les accès aux visiteurs étrangers étaient limités dans le but de « protéger » les touristes puisque l’altitude, le manque d’oxygène et les difficiles conditions climatiques pouvaient les mettre en danger. Lhassa, la capitale se situe en effet à 3 650 mètres d’altitude.

Ce n’est pas la première fois que le Tibet ferme ses portes aux étrangers. En 2009, à l’occasion du cinquantième anniversaire du soulèvement de Lhassa, c’était déjà le cas, et, après les émeutes de 2008, la région est même restée fermée pendant plus d’un an.

S'affranchir des critiques extérieures

Aujourd’hui, journalistes étrangers et diplomates qui veulent s’y rendre doivent demander une autorisation qui n’est quasiment jamais accordée. Empêcher l’accès au Tibet à des observateurs indépendants permet à Pékin de maintenir sur la région un étroit contrôle tout en s’affranchissant des critiques du monde extérieur.

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