Débat sur le port d'armes aux Etats-Unis: CNN invite les familles de Parkland

Aux Etats-Unis, l’émotion est toujours aussi vive et la colère ne faiblit pas, huit jours après la tuerie dans un lycée de Floride durant laquelle 17 personnes ont été tuées.Mercredi, le président Donald Trump a reçu des personnes directement concernées par ces drames dans les établissements scolaires, écoutant leurs témoignages pendant une heure. Et dans la soirée, la chaîne de télévision CNN avait organisé un grand débat durant lequel les élèves, les parents et les professeurs du lycée de Parkland ont pu interpeller les sénateurs locaux.

avec notre correspondant à New York, Grégoire Pourtier

Dans l’immense salle, l’ambiance était forcément électrique.
Les centaines de personnes réunies par CNN partageaient toutes la même peine, la même colère. La même force aussi, et le même courage de parler, une semaine après le drame.

Beaucoup avaient perdu un ami, un fils, un frère, une connaissance, certains sous leurs yeux, et tous voulaient dire aux politiciens qu’il était temps d’agir.
Protéger les établissements scolaires d’abord, revoir les conditions générales du port d’arme ensuite.

Face à eux, les deux sénateurs de Floride. Le Républicain Marco Rubio a été particulièrement pris à partie -un père voulant qu’il condamne les fusils d’assaut, un élève qu’il renonce aux donations de la NRA, le puissant lobby des armes-, ses réponses étaient souvent huées. Malgré son émotion sincère, il était mis face à ses contradictions, lui qui a toujours reçu beaucoup d’argent du puissant lobby des armes.

Toutefois, face à l’urgence, il a refusé d’adhérer à une proposition Donald Trump.
Plus tôt dans la journée, le président avait approuvé l’idée d’armer les enseignants, afin de répondre plus rapidement à un éventuel assaillant. « Imaginez qu’au milieu d’une crise, les forces de l’ordre arrivent pour intervenir et qu’elles voient un adulte avec une arme dans les mains… Peut-être qu’elles ne pourraient pas savoir qui est qui, et on risquerait une tragédie supplémentaire et inutile... », a opposé Marco Rubio.

Egalement invitée, une porte-parole de la NRA qui a eu le cran de venir répondre. Sans sourciller, elle a rejeté la responsabilité des tueries sur les autorités, sur les forces de l’ordre, qui ne réaliseraient pas suffisamment de contrôles.

Même si ce sont seulement quelques millions de téléspectateurs qui y ont assisté, la portée symbolique de ce débat pourrait être importante et dynamiser encore plus le mouvement Never Again, « Plus jamais », porté par tous ces jeunes Américains qui ont grandi en sachant qu’ils pouvaient à tout moment devenir une cible.

Au niveau politique, le Congrès reprend ses travaux la semaine prochaine et beaucoup d’élus ont promis que certaines mesures seraient prises rapidement. A voir jusqu’où ils voudront et pourront aller.

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►  Emma Gonzalez prendra part le 24 mars à la manifestation «Marche pour nos vies», organisée par des élèves de son lycée, à Washington.