Afrique du Sud: le tri sélectif arrive à Johannesburg

Le tri sélectif à la source va être mis en place à partir du 1er juillet à Johannesburg. Une petite révolution pour cette agglomération de plus de 4 millions d'habitants. Mais aussi un danger pour les plus de 6 000 éboueurs informels qui ramassent et revendent les détritus, car la mairie veut également professionnaliser la collecte des déchets.

A partir du 1er juillet, les habitants de Johannesburg vont se voir attribuer un sac poubelle bleu pour y déposer les matières recyclables. C’est-à-dire « d'abord le papier, mais aussi le plastique, le métal et le verre » explique Nico de Jager, conseiller municipal.

Le but : « arriver à 30 % de déchets recyclés », contre « seulement 10 % à l’heure actuelle ». Ce qui permettrait de désengorger les décharges, présentes depuis 88 ans et à qui il reste seulement 3 ans de capacité.

Mais le tri à la source pourrait priver de travail des milliers d'éboueurs informels, pour qui trier et revendre est un moyen de subsistance. « Certains d'entre nous sont déjà en difficulté. Si quelqu'un gagnait 15 euros par semaine, aujourd'hui il gagne 5 euros. Car aujourd'hui c'est plus difficile, il n'y a parfois plus de déchets pour nous dans les poubelles à cause du tri sélectif », s’inquiète Eva Mokoena, 32 ans.

Vanessa Pillay essaye d'organiser ces éboueurs pour faire entendre leurs voix face aux autorités. « Nous ne sommes pas contre former des coopératives, mais c'est un processus qui est cher en Afrique du Sud. Et ensuite, on ne sait pas quelles sont les garanties pour les éboueurs de pouvoir travailler dans des conditions justes et transparentes avec la ville », dénonce-t-elle.

Aujourd'hui plus de 80 % des déchets sont ramassés par les éboueurs informels. Avec la volonté des autorités de régulariser ce secteur, ce chiffre devrait rapidement chuter.