Guinée: violences meurtrières malgré l'accord entre enseignants et gouvernement

Les syndicats ont suspendu leur grève, ce lundi 20 février, suite à la signature d'un accord après 13 jours de négociations. Pourtant de violentes manifestations ont éclaté principalement dans la banlieue de la capitale guinéenne, faisant au moins cinq morts selon le gouvernement, à Cosa, sur l'axe Bambeto - Hamdalaye mais également à Gbessia, près de l'aéroport, Dabondy ou Yimbaya, des zones habituellement calmes.

Après quelques heures de flottement, la cérémonie de signature de l'accord a finalement eu lieu ce lundi après-midi. « Les résultats qui ont été obtenus peuvent être considérés comme des résultats satisfaisants, salut Aboubacar Sy Savané, secrétaire général du syndicat SLEG. Au terme des travaux, nous pouvons annoncer que la grève que nous avons déclenchée est suspendue. »

Pourtant, à la Bourse du travail, les militants de la base syndicale n'ont pas été consultés en assemblée comme annoncé par leurs représentants. Et pour certains d'entre eux, la grève ne s'arrête pas.

Réouverture des écoles mercredi

Mais le porte-parole du gouvernement, Albert Damantang Camara a annoncé une réouverture des écoles ce mercredi. C'est d'ailleurs ce que réclamait une partie des manifestants dans les rues ce lundi matin. A l'image de Mamadou Diallo qui a participé à un sitting en face d'un lycée du centre-ville : « Nous sommes pro-éducation. Nous sommes pour les enfants. Les syndicats ce sont ceux qui défendent les enseignants. Leurs problèmes ne nous concernent pas. Tout ce que nous demandons, c'est que nos jeunes frères, nos enfants, nos fils soient dans les classes et que les classes ouvrent maintenant ! »

Après cette action, plusieurs membres de la société civile ont été interpellés. D'autres arrestations ont été constatées en banlieue. Conakry a été lundi « le théâtre de manifestations non déclarées et interdites », marquées par des « actes de violence, de vandalisme », elles « ont malheureusement causé la mort d'au moins cinq personnes » et fait « 30 blessés dont des membres des forces de l'ordre », a indiqué le gouvernement guinéen dans un communiqué publié dans la soirée.

Tués par balles

En milieu de journée, une épaisse colonne de fumée se dégageait dans le ciel de Conakry, signe de la violence des manifestations. Trois personnes trouveront d’ailleurs la mort à Gbessia, non loin de l'aéroport, toutes tuées par balles, selon une source à l’Hôpital Ignace Deen où les corps des victimes ont été acheminés.

Les manifestations n’étaient pas dirigées contre les syndicalistes, mais plutôt contre les autorités guinéennes, des manifestations qui n’étaient pas déclarées, selon le gouverneur de la ville de Conakry, et qui feront deux autres victimes tuées dans le quartier Hamdalaye et trente blessés, civils et forces de l’ordre.